Nouvelle EPBD européenne : ce que c’est, qui est concerné et comment s’y préparer

María Figols
January 2026

La nouvelle Energy Performance of Buildings Directive (EPBD), formellement adoptée en tant que Directive (UE) 2024/1275, marque un tournant dans la manière dont les bâtiments sont conçus, rénovés et, surtout, exploités en Europe. Dans le contexte de la transition énergétique et de la décarbonation, la réglementation élargit son champ d’action : il ne suffit plus de concevoir des bâtiments efficaces sur le plan énergétique, il est désormais essentiel de démontrer leur performance réelle une fois en exploitation.

Avec cette directive, l’Union européenne renforce une idée clé pour le secteur : l’efficacité énergétique, le confort intérieur et la qualité environnementale font partie d’un même système et doivent être gérés conjointement, de manière continue. Cette approche est au cœur de la directive européenne visant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments.

Qu’est-ce que l’EPBD ?

La Directive EPBD constitue le cadre réglementaire qui guide les États membres de l’Union européenne dans l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments et du parc immobilier européen. Avec l’adoption de la Directive (UE) 2024/1275, l’Union européenne fixe un objectif clair à long terme : parvenir à un parc de bâtiments à zéro émission d’ici 2050.

Pour atteindre cet objectif, la directive sur la performance énergétique du bâtiment (EPBD) couvre l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, depuis la conception et la construction jusqu’à la rénovation, l’exploitation et la maintenance. L’un des changements majeurs introduits par cette réglementation est que la performance énergétique n’est plus évaluée uniquement sur le papier. Le comportement réel du bâtiment, dans des conditions normales d’utilisation et d’occupation, devient un élément central de l’évaluation.

Quels changements la nouvelle directive sur la performance énergétique introduit-elle ?

La nouvelle EPBD introduit des changements structurels qui concernent à la fois les bâtiments neufs et les bâtiments existants :

1. La rénovation comme levier clé

La directive renforce la rénovation énergétique du parc immobilier existant comme l’un des principaux mécanismes pour réduire les émissions et améliorer la performance énergétique des bâtiments.

2. Un accent accru sur la phase d’exploitation

Il ne suffit plus de concevoir des bâtiments performants sur le plan énergétique. La réglementation exige que cette performance soit maintenue dans le temps, ce qui implique un contrôle renforcé des systèmes techniques et la capacité d’identifier les écarts entre la performance attendue et la performance réelle.

3. Un renforcement de la digitalisation et des données

La Directive EPBD reconnaît le rôle stratégique des systèmes d’automatisation, de contrôle et de monitoring pour gérer des bâtiments de plus en plus complexes. La disponibilité de données fiables devient une exigence opérationnelle pour démontrer la conformité réglementaire.

Qui est concerné par la Directive EPBD ?

Bien qu’il s’agisse d’une réglementation technique, son impact est transversal. La Directive EPBD concerne directement :

  • Les bureaux d'ingénierie et les concepteurs
  • Les entreprises de rénovation et de maintenance
  • Les exploitants et gestionnaires de bâtiments
  • Les gestionnaires de portefeuilles immobiliers
  • Les fournisseurs de solutions technologiques

Tous partagent un même besoin : être en mesure de démontrer, à l’aide de données, que les bâtiments fonctionnent conformément aux objectifs de performance énergétique définis.

Implications pratiques pour la gestion et l’exploitation des bâtiments

L’un des changements les plus significatifs introduits par la directive sur la performance énergétique des bâtiments est le passage d’une conformité ponctuelle à une performance continue. La EPBD met en évidence l’importance de comprendre comment un bâtiment se comporte dans son exploitation quotidienne.

Cela représente une évolution dans la manière dont les bâtiments sont gérés. Les décisions fondées sur des hypothèses ou des audits isolés laissent place à des approches reposant sur des données réelles et continues. Cela permet une meilleure anticipation des problèmes, une optimisation des systèmes techniques et une justification plus claire des décisions opérationnelles.

Dans ce contexte, le confort intérieur et les conditions environnementales ne sont plus des aspects secondaires. Ils deviennent partie intégrante de la performance globale du bâtiment, renforçant le lien entre efficacité énergétique et qualité de l’environnement intérieur.

Dates clés de mise en œuvre

La Directive (UE) 2024/1275 établit le cadre européen commun, tandis que son application pratique dépend de la transposition nationale de chaque État membre. Les principales échéances sont les suivantes :

  • 2024: adoption et entrée en vigueur de la EPBD au niveau européen.
  • 2025: phase de préparation, durant laquelle les États membres définissent les cadres nationaux, les plans de rénovation et les critères de mise en œuvre.
  • Mai 2026: date limite pour la transposition de la directive sur la performance énergétique des bâtiments dans les législations nationales.
  • À partir de 2026 : application progressive des nouvelles exigences, en fonction du type de bâtiment et de l’ampleur des rénovations.
  • 2030 et au-delà : renforcement progressif des objectifs de performance énergétique et de réduction des émissions, en particulier pour le parc immobilier existant.
Facility Manager controling buildings data

Qualité de l’air intérieur et EPBD : un indicateur clé de la performance réelle des bâtiments

Un domaine qui gagne en importance avec la Directive EPBD est la relation directe entre efficacité énergétique et qualité de l’air intérieur. À mesure que les bâtiments deviennent plus étanches afin de réduire les pertes énergétiques, le contrôle des conditions environnementales intérieures devient de plus en plus critique.

Une ventilation mal maîtrisée peut affecter le confort, la santé des occupants et, en fin de compte, la performance globale du bâtiment. Pour cette raison, la directive sur la  EPBD renforce implicitement l’idée qu’un bâtiment performant ne peut pas être évalué uniquement sur la base de sa consommation énergétique, mais sur la manière dont il fonctionne en conditions réelles d’utilisation, y compris la qualité de l’environnement intérieur.

Cela entraîne un changement clair : le passage d’évaluations ponctuelles à une surveillance continue fondée sur les données, positionnant la qualité de l’air intérieur comme un indicateur opérationnel de la performance durable des bâtiments.

Comment inBiot contribue à la conformité avec la nouvelle EPBD

S’adapter à la nouvelle directive européenne visant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments ne consiste pas uniquement à répondre à des exigences réglementaires, mais à disposer d’une visibilité continue sur la performance réelle du bâtiment. C’est dans ce contexte que la surveillance de la qualité de l’air intérieur et des conditions environnementales joue un rôle clé.

Les solutions inBiot permettent de mesurer en continu des paramètres essentiels tels que le CO₂, la température, l’humidité ou les particules en suspension, offrant une vision objective du comportement du bâtiment en conditions réelles d’exploitation. Ces données permettent de :

  • Détecter les écarts entre la performance attendue et la performance réelle
  • Optimiser la ventilation et les systèmes HVAC sans compromettre le confort
  • Justifier les décisions opérationnelles et les actions d’amélioration
  • Aligner la performance énergétique des bâtiments avec le bien-être des occupants et les objectifs ESG

Grâce à la plateforme My inBiot, les responsables de bâtiments peuvent consulter et analyser les données en temps réel, facilitant une gestion plus transparente, plus efficace et alignée avec les principes de la Directive EPBD.

Dans un contexte où la réglementation exige de plus en plus de démontrer la performance continue des bâtiments, la mesure et l’utilisation intelligente des données ne sont plus optionnelles. Intégrer la qualité de l’air intérieur dans la stratégie de gestion du bâtiment constitue une étape clé pour se conformer à la nouvelle EPBD et évoluer vers des bâtiments plus performants, plus sains et mieux préparés pour l’avenir.


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